oeing 747

oeing 747
Caractéristique technique du B747-400.

Vitesse : 940 km/h
Nombre de passager : 421 en trois classes
Longueur : 70,66 m
Envergure : 64,92 m
Hauteur : 19,41 m
Distance parcourue : 3437 km
Année : 1988

Histoire du 747
Sur une cour de golf, il y avait le patron de Boeing, et celui de la Panam. Le patron de Boeing demanda à son client, si je construis un avion très gros porteur, l'achèteriez vous ? Voulez vous avoir des plans ? Le Directeur de la Panam répondit comme suit, votre avion construisez le et je l'achète. Il se serrèrent la main puis se quittèrent. Commença alors une grande aventure. C'est ainsi qu'au début des années 60, Boeing proposa aux compagnies, un projet pour la construction d'un avion très large qui puissent faire des long-courriers, et réduire le coût du transport.

Les incrédibles sont un groupe de travailleurs, ouvriers, mécaniciens, ingénieurs, administrateurs et secrétaires. Ils ont marqué l'histoire par la construction du 747. Cet avion de transport civil le plus large construit en moins de 16 mois. Jamais un avion n'a autant bouleversé le monde du transport aérien que le 747 (et Concorde qui malheureusement n'a pas connu de succès commercial)
L'incidence de la création du 747 vient de la réduction du coût des vols et de l'explosion du trafic des passagers et une demande de transport sans cesse croissante. Boeing a réalisé pour le 747 un design et une technologie révolutionnaire. Le 747 a été assemblé à Everett Wash, pour l'époque le plus grand bâtiment du monde en volume. Le fuselage original du 747 était de 70,66 m, et la largeur d'une aile plus grande qu'un terrain de basket. Tellement cet avion était nouveau, pour leur formation, lorsque les pilotes apprennaient à manoeuvrer l'avion au sol, ils étaient dirigés grâce à un camion en dessous qui les guidaient par radio.



Le 747, a connu plusieurs versions. Les premières sont :


Les 747 Classics

Dans cet adjectif comprend les versions -100, -200, -300.

Le 747-100 toute première version, entre en service en 1970, et fut construit à 250 exemplaires. Il est disponible seulement avec des réacteurs de type Pratt & Whitney. C'est seulement en 1975 que General Electric et Rolls Royce, pourront être proposés aux compagnies aériennes. Il existe 3 variantes du 747-100.
Une version de 100 passagers + fret, devenu le -100B.
Un court courrier utilisé sur les très fortes liaisons jusqu'à 550 passagers. Cet avion fut modifié pour résister au nombreux atterrissages à pleine charge.
Une version raccourci, le 747SP (spécial performance). Il a été conçu pour voler plus vite, plus haut, et plus loin.


Le 747-200, développé après le -100, il entre en service en 1971, et fut construit à 393 exemplaires. C'est un avion à peu près identique au 747-100. Il peut devenir totalement cargo, combiné (fret + passagers). Le cargo 747-200F peut transporter 90 tonnes au dessus de l'atlantique. Son coût d'exploitation est inférieur de 35 % par rapport à celui du 707F. La NASA à modifier deux 747-200B, pour le transport des navettes au pas de lancement. Et en 1990 deux 747-200B ont été modifié en AIR FORCE ONE pour remplacer le (VC 137) 707 présidentiel vieux de 30 ans.


le 747-300 entra en service en 1983 et apporte quelques changements. Un design plus impressionnant, la consomation est réduite de 25 % par passagers, le nombre de passagers augmente de 10 % soit plus de 81 places. Il est disponible en version long-courrier, combi et court-courrier.
Le dernier, le 747-400
Puis en 1988, apparait le 747-400. Le slogan de ce nouvel avion est "World fastest, largest, long-range Commercial Jetliner" (l'avion commerciale long-courrier, le plus rapide, le plus large au monde). Ce slogan est aujourd'hui mis en question avec le dernier des airbus, l'A340-600.
Le premier des 747-400 fut livré à Northwest Airline. Le 747-400ER (très long courrier) est disponible en version passager et cargo. Il fut livré à Quantas Airways le 28 novembre 2000. La version cargo de cette machine, -400ER F, entre en service cette année. Il peut décoller avec 413 tonnes soit 16 tonnes de plus que le -400. La version Combi possède un aménagement intérieur nouveau signé Boeing. Le passage du cargo au fret, ne prend qu'une nuit.


Combi : C'est une version qui prend à la fois des passagers et du fret. L'aménagement soit cargo, soit passagers, ou alors les deux à la fois, se fait au gré des compagnies.

Le 747 est certe une très belle machine, qui a révolutionné le transport aérien en baissant les coûts de transport. Malheureusement cet avion vieillit de plus en plus. Et comme le malheur des uns, fait le bonheur des autres. On pourra dans moins de quatre ans maintenant, voire les Européens poser près de leur super gros porteur, l'A380 ! Et oui, c'est chacun son tour. Ainsi va la vie...

# Posté le jeudi 13 mai 2004 12:43

Modifié le jeudi 13 mai 2004 13:14

Le leopard

Le leopard
Au cours des années cinquante, lorsque l’armée ouest-allemande fut réformée, le premier véhicule blindé d’infanterie en service au sein de la Bundeswehr fut le SPz 12-3, développé à partir d’un châssis suisse et fabriqué également au Royaume-Uni. Très tôt, décision fut prise de concevoir une vaste gammes de véhicules à partir du même châssis. Les deux premières machines à entrer en service actif furent le Jagdpanzer Kanone, armé d’un canon de 90 mm et le Jagdpanzer Rakete doté, quand à lui, d’un missile antichar SS.12 (remplacé par le HOT) . Après que de nombreux prototypes eurent été soumis à un programme d’évaluation intensif, les autorités militaires allemandes choisirent un des engins, lequel fut produit en tant que Marder Schützen-panzer Neu M-1966. La firme Rheinstahl (devenue entre-temps Thyssen Henschel) assura la maîtrise d’oeuvre, avec la participation de l’entreprise Mak de Kiel. Les premiers véhicules de série ont été livrés à la fin des années soixante, et la fabrication se poursuivit jusqu’en 1975, avec une production totale de 3 000 machines. Le Marder ne fut pas exporté, bien que l’Arabie Saoudite ait manifesté de l’intérêt pour cet engin. Au moment de son entrée en service, le Marder était le véhicule de combat d’infanterie le plus avancé au monde. Aujourd’hui encore , seul le Bradley américain pourrait l’affronter avec quelques chances de succès. Le Marder dispose d’une excellente protection et affiche de bonnes performances en progression tout terrain, ce qui lui permet d’opérer de concert avec les chars de combat Leopard 2 lors d’opérations combinés. Le conducteur est placé à l’avant gauche, avec un fantassin derrière lui, le moteur se trouvant donc à sa droite ; quand à la tourelle, à motorisation autonome, occupée par deux hommes, elle se trouve au centre ; à l’arrière du véhicule un compartiment est aménagé pour six fantassins. Ceux-ci y accèdent par une rampe motorisée. De chaque côté du compartiment , des écoutilles de tir, dotées d’épiscopes, permettent aux hommes de faire appel à leurs armes individuelles pour assurer la protection rapprochée du véhicule. La tourelle est armée d’un canon Rh de 202 de 20 mm et d’une mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm, dérivée de la redoutable MG42 « Spandau ». Ces armes peuvent être élevées en site de – 17° à + 65° et pointées en azimut sur 360 °. Sur la nouvelle version le canon de 20 mm a été remplacé par un tube Mauser de 25 mm tirant des munitions antichars bien plus efficaces. Ces obus permettront au Marder d’engager le combat avec les plus récents VCI soviétiques. Quelques variantes du Marder en service au sein de la Bundeswehr sont armées d ‘un lanceur double de missiles sol-air Roland pour lequel elles emportent une réserve de huit munitions. Un autre modèle est équipé d’un radar qui, placé au bout d’un bras télescopique, peut s’élever au bout de l’engin pour accroître la couverture du système d’armes.


Armement

Canon de 20 mm , une mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm et une autre mitrailleuse de 7,62 mm montée à l'arrière du compartiment équipage. Un poste de tir Milan peut-être monté sur l'écoutille du chef de véhicule.

Équipage

3 + 6 hommes
Blindage

?
Poids

33 500 kg
Vitesse

75 km/hr
Autonomie

520 km
Équipements


Pour les dernières version, système de vision nocturne, système de pointage thermique

Pays utilisateurs

Allemagne


Variantes :
Marder 1A1 : Système d'intensification de vision nocturne avec pointage thermique, nouveau porte jerrycan et protection pour les épiscopes.
Marder 1A2 : Modification du châssis et de la suspension, tous les véhicules ont été mis à ce niveau.
Marder 1A3 : Modification apporté à tous les Marder, nouveau blindage, et modification sur la tourelle

# Posté le vendredi 06 juin 2003 14:42

Modifié le samedi 07 juin 2003 06:06

Le M-109

Le M-109
Description :
L'obusier automoteur de 155mm M109 est la pièce artillerie auto-propulsée aujourd'hui la plus répandue dans le monde. Mise à l'étude à partir de 1952 pour remplacer le M44 de 152 mm, elle a été dotée de la coque et de la tourelle du T195 de 110 mm, déjà en fabrication. Elle devrait être équipée d'une pièce de 156 mm mais reçut finalement un obusier de 155 mm après que l'OTAN eut normalisé ce calibre en 1956. Les premiers prototype virent le jour en 1959 sous la désignation T196, mais des problèmes de fiabilité conduisirent à les remanier. L'armée américaine ayant entre-temps décidé que tous ses blindés de combat devraient être à moteur Diesel, c'est finalement dans cette configuration que le M-109 fut homologué en 1961. Sa fabrication en série commença à la fin de l'année suivante à la Ceveland Army Tank Plant. Cette usine, alors propriété de la Cadillac-Motor Car Division, devait ensuite passer sous contrôle de Chrysler. A partir de 1970, la production fut confiée à la firme Bowen-McLaughlin-York qui continue aujourd'hui à assurer la fabrication de toute la famille des M109. Dans l'armée américaine, le M-109 est déployé à raison de 50 unités par division blindée et par division mécanisée ( 3 bataillons de 18 véhicules dotés chacun de 3 batteries de 6 M-109). Outre l'US Army et l'US marine Corps, le M-109 équipe les forces armées de nombreux pays : Allemagne, Belgique, Cambodge, Canada, Corée du Sud, Danemark, Espagne, , Ethiopie, Grèce, Hollande, Iran, Israël, Italie, Jordanie, Koweit, Maroc, Norvège, Oman, Pakistan, Pérou, Portugal, Royaume-Uni, Suisse, taïwan, Tunisie, et Turquie. Il a été utilisé en opérations dans de nombreux conflits au Moyent-Orient ( par l'Iran et Israël) et en Orient ( par les américains au viêt-nam et par les Cambodgiens). La coque et la tourelle du M109 sont en aluminium corroyé. Le pilote est installé à l'avant gauche, le compartiment moteur à sa droite. La tourelle est à l'arrière . La suspension est à barres de torsion. Elle comprend de chaque côté sept roues de route, un barbotin à l'avant et une poulie tendeuse à l'arrière. Il n'y a pas de galets supports. L'équipement de série se compose de phares à infrarouge et d'un dispositif de flottabilité pour la traversée de cours d'eau lents avec propulsion par les chenilles, dispositif utile pour suivre l'avance des unités blindées. Le M-109 est doté d'un obusier de 155 mm qui pointe en site de - 5° à + 75° et en azimut sur 360°. Ces manoeuvres sont assistées hydrauliquement avec des commandes manuelles de secours. La pièce est dotée d'un évacuateur de fumée efficace, d'un grand frein de bouche et d'un bloc de culasse de type Welin. La cadence de tir normale est d'un coup par minute, mais on peut obtenir jusqu'à trois coups par minute pendant une période assez brève. La gamme des projectiles disponible est vaste : HE (portée maximale 14 320 m), éclairants, nucléaires tactiques, fumigènes, d'appui tactique rapproché, à agents VXB ou GB. La dotation en munitions est de vingt-huit projectiles avec leur charge. Une mitrailleuse antiaérienne M2HB de 12,7 mm est montée sur la coupole du chef de bord et 500 cartouches sont prévues pour l'approvisionner. Le succès durable du M109 s'explique sans doute par la grande évolution de son châssis, qui a pu, au fil des années, recevoir des pièces de plus en plus longues et dont la portée n'a cessé de s'améliorer
Armement :
Canon de 155 mm
Mi. AA de 12,7 mm

Equipage :
6 hommes
Blindage :
Max. 20 mm
Poids :
23,8t
Pays utilisateurs :
Allemagne, Angleterre, Arabie Saoudite, Autriche, Belgique, Cambodge, Canada, Corée du Sud, Danemark, Espagne, Ethiopie, Grèce, Hollande, Ira, Israël, Italie, Jordanie,, Koweit,, Lybie, Maroc, Norvège, Oman,, Pakistan, Pérou, Suisse, Taiwan, Tunisie, et Turquie.



Vitesse :
56 Km/hr
Autonomie :
390 Km
Equipement :
Dispose d'un kit de flottabilité avec propulsion par les chenilles, phares I.R.







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# Posté le vendredi 06 juin 2003 13:46

Le Char Leclerc

Le Char Leclerc
L'AMX50 d'une masse de 60 t présentait toutes les caractéristiques d'un char puissant : canon de 120 mm, blindage inclinés de forte épaisseur, moteur de 1 000 ch et système de chargement semi-automatique des munitions d'un concept semblable à celui de l'AMX-13 dont il partageait l'architecture de tourelle oscillante.

Différentes considérations condamnèrent le projet : en premier lieu, son prix que ne pouvait supporter une France convalescente et, en deuxième lieu, la montée en puissance des charges creuses antiblindages qui se voyaient intégrées sur les premiers missiles antichars (SS11, ENTAC) et les obus tels que l'obus G développé par l'Institut Saint-Louis. Une école de pensée se développa alors chez tous les bélligérants potentiels de la guerre froide, prônant la conception de chars plus légers comptant sur leur agilité et leur puissance de feu pour survivre : le Leopard 1, l'AMX-30 et le T-62 sont nés de cette école de pensée. Seuls les Britanniques restèrent fidèles au char lourd à blindage épais et développaient le Chieftain alors que l'AMX-30 était depuis peu en fabrication, l'armée française lançait une réflexion très prospective sur le système d'arme destiné à lui succéder sans qu'il fût obligatoirement question d'un char, car, à cette époque, beaucoup d'officiers voyaient en l'hélicoptère de combat le futur roi du champ de bataille, compte tenu de la posture particulière qu'occupait l'armée française dans le dispositif de l'Alliance atlantique : en deuxième échelon et en préparation de tirs d'armes nucléaires tactiques.

En 1977, un rapport rédigé par les généraux Monteaudoin et Preault recommandait que l'engin principal de combat (EPC) terrestre prît la forme d'un char au sens commun du terme. Cette décision fut suivie par le lancement des études de concepts, tâche confiée au GIAT, bras industriel de la direction technique des armements terrestres. Ces études intervinrent au moment où aux Etats-Unis les prototypes du concours XM1 étaient évalués, alors que l'Allemagne roulaient les Leopard 2 en prototypes et que Israël filtraient les premières informations sur le Merkava. A l'instar de l'ouverture d'esprit qui avait prévalu dans la réflexion de stratégique sur la nature sur la nature de l'EPC, on demanda aux ingénieurs du Giat, et plus particulièrement à ceux du bureau d'étude de l'AMX-EPX, de sortir des solutions et architectures traditionnellement retenues jusqu'à présent. On demandait à l'EPC de vaincre un ennemi blindé-mécanisé supérieur en nombre (dans un rapport de 1 à 3) en gagnant quatre batailles : la bataille de l'information et du commandement par l'emploi de systèmes d'acquisition d'objectifs tous temps et une connexion permanente avec les moyens de suivi de situation tactique ; la bataille des feux par l'emploi d'un armement délivrant précisément des projectiles antiblindés à longue portée de jour comme de nuit ; la bataille de la mobilité par l'emploi d'un très fort taux de la motorisation et d'un train de roulement à grandes performances permettant aux EPC de se déployer rapidement , de se disperser pour éviter les frappes de représailles (artillerie, aviation) et de se concentrer au moment décisif pour porter des coups mortels à l'ennemi ; la bataille de la protection par la combinaison d'une forte protection ballistique et de moyens de dispersion liées à la mobilité.

Le travail des ingénieurs de l'AMX-APX fut d'autant plus délicat qu'ils ne disposaient d'aucun composant réel disponible. De la chenille au viseur de toit, tout n'était qu'au stade de papier et les pressions des industriels français étaient suffisamment fortes qu'aucun emprunt de technologie à l'étranger ne soit envisagé. L'EPC était présenté comme une vitrine technologique et chacun voulait en être. Cependant, au moins deux décisions techniques avaient d'ores et déjà été prises : celle d'armer l'EPC d'un canon de 120 mm à âme lisse conforme à l'accord franco-allemand sur le standard d'armement futur des chars et l'emploi de la technologie hyperbare pour la propulsion, de préférence à diesel classique suralimementé. Il se trouve qu'à la même époque, le bureau d'étude de l'AMX-APX menait d'autres développements de chars : ceux de la version B2 de l'AMX-30, de l'AMX-32 et de l'AMX-40 plus spécialement destiné à l'export. Bien qu'il n'ait pas rencontré les succès commerciaux que l'on aurait pu attendre eu égard à ses hautes performances, l'AMX-40 constitua un excellent exercice technique pour les équipes de Satory et de Bourges (Centre d'étude armement et munitions), qui purent mieux appréhender tous les aspects liés à la haute mobilité, au tir en marche, à la mise en oeuvre de l'armement de 120 mm et de ses munitions et à l'intégration des premières solutions de blindages composites modernes.

Des projets de versions plus lourdes (53t), telles que l'3e4" destiné au marché égyptien, et dotées d'une protection balistique de haut niveau, faisaient jeu égal avec le Leopard 2, char de référence il y a vingt ans. si bien que ses promoteurs allaient jusqu'à défendre l'idée de l'AMX-40 pouvant remplacer une partie du parc AMX-30 en utilisant les budgets consacrés à la modernisation dite "B2" et en dotant l'armée française d'un excellent char de transition en attendant l'EPC. Une référence armée française aurait sûrement augmenté les chances de vente de l'AMX-40 à l'export (le Valiant britannique et l'Osorio brésilien partageaient aussi avec l'AMX-40 l'infortune de n'être point choisis par leurs armées nationales). Cependant, une telle acquisition aurait pu constituer la menace d'un report , voire d'une annulation pure et simple du projet EPC, et l'idée fut écartée. L'armée française avait d'autres ambitions que de se doter d'une copie du Leopard 2 et voyait dans l'EPC de troisième génération l'occasion de prendre quelques longueurs d'avance techniques et opérationnelles sur les autres armées. L'exploration des solutions techniques EPC fut donc animée d'une réelle volonté d'innovation et, signe des temps, un seul concept parmi tous ceux étudiés conservait l'équipage classique de quatre hommes, tandis que les autres étaient servis par un trio de tankistes à l'instar des réalisations russes contemporaines, le T-64 et le T-72.

L'autre hardiesse technique fut le dessin de plusieurs tourelles à armement en superstructure permettant de descendre l'équipage en châssis, avec deux variantes, équipage fixe disposé à l'avant ou équipage en panier solidaire en gisement de la tourelle. Enfin, l'implantation d'un groupe motopropulseur à l'avant fut aussi étudiée. aux deux extrémités du spectre technique et par ordre croissant d'innovation, se tenaient donc le TC3 (TC pour tourelle conventionnelle), char conventionnel (quatre hommes, GMP arrière), guère différent d'un M1 ou d'un Leopard 2, et l'AS22 (armement superstructure, trois hommes, GMP avant), sorte de Merkava sur lequel on aurait posé une tourelle de char expérimental suédois UDES. Un voie médiane fut suivie avec la présélection de deux concepts : le TC2, à équipage réduit à deux hommes en tourelle, chargement automatique et GMP arrière, et l'AS12 permettant de conserver les avantages de l'arme en superstructure ( masse réduite, protection équipage). La propulsion avant ne fut pas retenue en raison essentiellement des craintes ressenties concernant les conséquences sur les optiques de la présence d'une source chaude à l'avant du char. Celle-ci était , en effet, susceptible de perturber les performances des caméras thermiques. Des résultats remarquables de haute mobilité furent cependant obtenus à l'aide du VHM 3 ( véhicule haute mobilité n°3) et des suspensions à grand débattement. Le VHM 3 était en fait un châssis AMX30 "retourné", mais dont le train de roulement comportait une innovation très intéressante : le barbotin flottant.

Ce système dûment breveté, combinait les fonctions classiques d'un barbotin ( transmettre la puissance aux chenilles par engrènement) et celle d'une poulie de tension. Ce système permettait d'obtenir une tension de chenille optimale en fonction du couple transmis ainsi que la faculté de s'effacer sur les obstacles frontaux sans que la mécanique ne subisse de choc. En 1979, et alors que le choix du concept restait à faire, la France et l'Allemagne en gagèrent à nouveau des discussions pour parvenir à développer en commun un char de combat. Les Allemands possédaient quelque avance sur les Français puisque le Leopard 2 roulait depuis cinq ans. Aussi la recherche d'un partage équitable fut elle difficile voire impossible à trouver, puisque les Allemands, ne voulant pas renoncer au châssis du Leopard 2, proposaient aux Français de partager la tourelle, cette dernière forcément équipée du canon Rheinmetal. Il restait aux français l'électronique , et cela même fut inacceptable pour les Allemands qui en réclamaient la moitié. Ce partage, plus une divergence de fond sur le calendrier de mise en service , précipita l'échec de la coopération franco-allemande, après celui de la coopération germano-américaine (MBT-70) et germano-britannique (MBT-80). En fait, la surenchère allemande était le fait des industriels qui acceptaient mal l'idée qu'un EPC franco-allemand technologiquement très avancé, puisse faire de l'ombre au Leopard 2, en étant ainsi contraints de partager le marcher de l'OTAN avec les Français. En 1983, le TC2 à tourelle plate deux hommes et chargement automatique fut adopté pour l'EPC. Divers bancs roulants et mulets furent construits pour valider les différentes technologies : moteur hyperbare de 1 500 ch, boîte automatique et suspension à barres de torsion pour les 1 BR, 2 BR et 3 BR ( bancs roulants), suspension oléopneumatique pour le Vedys (véhicules d'essais dynamiques de suspension), chargement automatique pour la TCA (tourelle chargement automatique), optronique pour le Mulet optronique et la motorisation électrique pour le TME (en fait une T105 d'AMX-30 modifiée).

Au cours du Salon d'armement Satory X de 1985, on pouvait observer des " morceaux " du futur char de combat. En janvier 1986, l'EPC fut officiellement baptisé char Leclerc par Paul Quiles, ministre de la Défense de l'époque, au cours d'une importante présentation du programme aux hautes autorités politiques et militaires. La TSC (tourelle système complet), rassemblant les composants " feu " (canon, viseurs, pointages, conduite de tir, chargement automatique), fut assemblée en 1986. Une fois intégré sur le châssis 3 BR, elle donna naissance au MSC ( Mulet système complet), très représentatif de ce que serait le fonctionnellement le futur char Leclerc. Par ailleurs les caissons de blindage composite étaient testé sur les champs de tir de Bourges, intégrés entre autres sur des vieux châssis de M47. Six prototypes de développement et de qualification furent fabriqués : les trois premiers à l'AMX-APX, les trois suivants à Roanne afin de démarrer la qualification du processus industriel. Par rapport au MSC , ces matériels présentaient deux différences majeures : ils intégraient les blindages composites de configuration quasi série et étaient dotés des éléments de suspension oléopneumatiques. Chaque prototype était plus ou moins dédié à la qualification d'une fonction majeure feu, mobilité, intégration système et protection. le cinquième prototype Estienne (du nom du général, père des chars en France) fut celui qui subit les pires outrages puisqu'il permit de valider la protection balistique. On le déplaça donc vers Bourges où il servit de cible à tous les projectiles flèches, charges creuses, ou mines prévues par la spécification opérationnelle. Ayant montré la qualité de ses blindages, il est actuellement conservé toujours intact, dans un établissement de la DGA.

En 1990, le Leclerc faisait sa grande apparition en public au cours du salon Satory. Les tôles des premiers exemplaires de série étaient alors en phase de découpage dans les centres de production Roanne et de Tarbes. En décembre 1991, une cérémonie de remise à la DGA du premier char Leclerc de série eut lieu en présence de Madame la Maréchale Leclerc. Cette même année 1992 devait être marquée par un évènement d'une importance considérable la première campagne d'essais aux Émirats arabes unis. Le premier Leclerc de série EMAT France effectua une campagne réussie d'essais de mobilité et de tir dans des conditions terribles de l'été émirien par des températures supérieures à 50°. Le char fut doté pour l'occasion d'une climatisation montée sur le toit de la tourelle, préfigurant dans un sens l'équipement de série adoptée par l'EMAT quelques années plus tard. La production de char Leclerc de l'armée de terre est formée de trois séries, elle-mêmes divisées en tranches de production annuelles. La série 1 comprend les tranches 1 à 5 jusqu'au rang de production 134. Les tranches T1 et T2 doivent être considérées comme des productions de présérie, les 17 chars correspondants ont servi à l'évaluation opérationnelle intensive. Ces matériels sont aujourd'hui affectés à la formation des maintenanciers ou sont prêtés au constructeur GIAT Industries pour servir de support à la validation d'évolutions et de modernisations opérées tranche après tranche. La configuration des autres matériels de la Série 1 (T3, T4, T5) les destine plus particulièrement aux opérations Centre-europe. Ce sont d'ailleurs des chars T5 qui opèrent au Kosovo.

Les chars de la série 2, tranches 6 à 9 jusqu'au rang 310, intègrent des équipements les rendant aptes à la projection sur des théâtres d'opérations tropicaux ou désertiques. extérieurement , les modifications les plus visibles par rapport à la Série 1 portent sur l'installation d'une climatisation blindée sur le toit de la tourelle, des coffres et galerie en nuque, le déflecteur pare-boue sur le glacis, et le refroidisseur d'huile de barbotin en forme d'ailettes. Les chars de la dernière tranche T9 bénéficient en outre, d'un accroissement de la performance de détection par remplacement de la caméra Athos par une nouvelle caméra thermique Iris de deuxième génération au viseur tireur : le viseur chef conservant le système d'intensification de lumière propre aux Séries 1 et 2. Enfin la série 2 +, tranches 10 et 11, sera produite dans une configuration très évoluée comprenant, outre les modifications de la Série 2, des évolutions importantes dans les fonctions protection, communication et observation - détection. La seule grande fonction non touchée est la mobilité, car les performances et le niveau de fiabilité obtenus tant par le groupe motopropulseur V8EX/ESM 500 que par le train de roulement et la suspension sont considérés comme répondant parfaitement aux besoins opérationnels de l'armée de terre et très en avance sur les autres chars, ennemis ou concurrents potentiels. pour faire face aux menaces à venir, type projectiles flèche de nouvelle génération en développements, et charges creuses équipant les projets de missiles futurs, Giat Industries a mis au point des blindages de nouvelle technologie. L'installation de ces blindages sur les chars de la Série 2 + se fera par simple remplacement des anciens blocs de protection amovibles. Le concept de blindages rapportés lancé par le Leclerc dans les années quatre-vingt prouve avec la Série 2 + toute sa pertinence technique et opérationnelle. Il n'est donc pas étonnant que cette idée ait fait son chemin à l'étranger pour des chars tels que le Leopard 2, le Merkava ou le Type 98 chinois. Les blindages Série 2 + modifieront légèrement la forme de la tourelle en partie avant essentiellement.

Les capacités de communication et de commandement seront considérablement améliorées par l'introduction au poste chef du système Icone (interface de communication ergonomique). Icone est un dérivé du système d'information terminal V1 qui équipera les AMX-10RC, les VBL Reco et les premiers véhicules blindés de combat d'infanterie (VBCI). Icone se présente sous la forme d'un écran tactile couleur couplé à un calculateur. Ses fonctions vont de la cartographie, à la navigation en passant par la présentation de la situation tactique, la gestion des états logistiques, les alertes contacts ennemi et NBC, la préparation de mission et la rédaction de messages graphiques. Ce véritable multiplicateur de force entre les mains des chefs de peloton et des capitaines commandants d'escadron va accroître l'efficacité des Leclerc en gérant l'information opérationnelle en temps réel. Les progrès accomplis par l'électronique en matière de détecteurs seront appliqués au Leclerc Série 2 + sous la forme de deux caméras Iris de deuxième génération intégrées aux viseurs tireur (idem T9) et chef (en remplacement de l'intensificateur de lumière). En outre, un télémètre laser équipera le viseur chef. Le Leclerc voyant plus loin et plus précisément bénéficiera sur ses adversaires potentiels d'un avantage décisif. Ses caméras à hautes performances couplées à Icone transformeront le Leclerc en un véritable capteur tous temps de renseignements, profitant de sa mobilité et de sa protection pour évoluer dans des environnements très variés ; autant de capacités très précieuses pour les opérations de contrôle de zone. Les chars de Série 1 des tranches 3,4 et 5 ont subi (T5) ou vont subir (T4 puis T3) une remise à hauteur de leur configuration en empruntant à la Série 2 quelques-unes de ses améliorations parmi lesquelles l'implantation de logiciels plus récents dans certains calculateur ou l'amélioration du système de fûts largables. Les chars reçoivent les nouveaux coffres arrière de la tourelle, une trappe de plancher pour le tireur pare-boue de glacis. En revanche, ils ne seront pas équipés de la climatisation. Ces chars prennent l'appellation RT5, RT4 et RT3.
Masse 56 Tonnes
Dimension Longueur : 10.083 m / Largeur : 3.71 m / Hauteur : 2.532 m
Carburant 1370 litres de gazole (1770 avec bidons 2 x 200 litres)
Viseur Chef de char : HL 70 panoramique avec caméra thérmique Iris et télémètre laser

Tireur : HL 60 avec caméra thérmique et télémètre laser. Régie vidéo pour recopie visée

Munition 40 de 120 mm (dont 22 en chargement automatique), 800 de 12.7 mm et 2000 de 7.62 mm
Autonomie 450 Km
Vitesse moyenne sur chemin 50 Km/h
Vitesse moyenne sur route 72 Km/h
Accélération 5.5 s de 0 à 32 Km/h
Equipage 3 hommes
Armement Canon de 120 mm / Mitrailleuse 7.62 mm / Mitrailleuse de 12.7 mm
Transmissions ESM 500 Automatique 5/2
NBC Protection collective par surpression

# Posté le vendredi 06 juin 2003 13:39

Le M1 Abrams

Le M1 Abrams
Au début des années soixante, la communauté des tankistes américains fit connaître son inquiétude de l'infériorité technique des chars M48 et M60 face à la nouvelle génération de matériels soviétiques représentée par le T64, un char qui marqua son époque par des solutions audacieuses : propulsion par turbine, équipage de trois hommes, chargement automatique des munitions et surtout un canon de 125 mm à âme lisse tirant des projectiles flèches. En 1961, le président Kennedy nouvellement élu, choisit Robert S. Mc Namara comme Secrétaire d'Etat à la défense. Ce dernier, arguant du fait que l'Allemagne, désormais membre de l'OTAN et faisant face à l'ennemi potentiel soviétique, constituerait dans l'avenir le pivot de la défense de l'OTAN, imposa à ses militaires une vision germano‑américaine du futur char. Le fruit de cette coopération transatlantique fut le MBT70. Ses concepteurs avaient placé la barre des performances très haut, trop haut peut-être. Le MBT70 réunissait les technologies les plus avancées de l'époque, telles que la suspension oléopneumatique à affaissement contrôlé (le char pouvait ainsi se dissimuler plus facilement derrière un masque), un armement principal stabilisé permettant le tir en marche, un équipage de trois hommes totalement situé en tourelle (le pilote était assis dans une capsule contrarotative qui maintenait sa position dans l'axe alors que la tourelle tournait), un chargement automatique des projectiles qui alimentait un monstrueux canon de 152 mm capable de tirer des missiles Shillelagh. Mais le MBT70 devait rapidement faire face à de nombreux problèmes: les Allemands qui n'adhéraient à la formule missile que pour sauver les apparences de coopération, travaillaient parallèlement à la mise au point de leur canon de 120 mm lisse, seul, selon eux, capable de rivaliser avec les armes soviétiques de 115 du T62 et de 125 du T64. Ces mêmes Allemands rencontraient aussi beaucoup de difficultés dans la mise au point du chargement automatique. Au même moment, les quelques chars Sheridan équipés du Shillelagh envoyés au Vietnam subirent de très nombreux déboires techniques avec leur système d'arme. Enfin, les estimations de coût série du MBT70 dépassaient tout ce qui était imaginable à l'époque. En 1966, le général Creighton W. Abrams, chef d'état-major adjoint, déclara au Congrès qu'une solution purement nationale serait moins chère et plus conforme aux besoins opérationnels de l'US Army. Mais il fallut attendre janvier 1970 pour qu'Américains et Allemands mettent fin à leur coopération. Sur la base technique du MBT70, les Américains entreprirent de rationaliser la conception du char rebaptisé pour l'occasion XM‑-803 : une suspension simplifiée, un chargement automatique fiabilisé et un moteur diesel américain moins puissant (en remplacement de l'allemand d'origine) devaient concourir à fournir un matériel moins cher et plus facilement utilisable. Ce fut un échec et le projet XM-803 cessa en décembre 1971. Dès janvier 1972, une équipe dirigée par le major général Desobry se voyait confier le management d'un nouveau programme de char, le XM‑815, et avait pour tâche d'en définir les caractéristiques opérationnelles. Les fonctionnalités du XM‑815 furent ainsi classées : 1 : survivabilité de l'équipage; 2 : acquisition des cibles; 3 : probabilité d'atteinte au premier coup; 4 : temps d'acquisition et d'atteinte de la cible; 5 mobilité tout‑terrain; 6 : intégration de l'armement secondaire; 7 : survivabilité des équipements; 8 : impact sur l’environnement (au sens logistique et non écologique du terme); 9 : silhouette ; 10 : accélération et freinage. Le tout ayant une masse comprise entre 42 et 47 tonnes métriques et propulsé par un groupe de 1250 ch. donnant 25 ch./t (comparé au 13 ch./t du M60), car l'agilité était considérée comme le coût objectif était de 500000 dollars l'unité.

Mais en cette année 1972, au cours d’un voyage d’information en Grande-Bretagne sur les canons de chars, Desobry apprit, presque par hasard, l'existence d'un nouveau type de blindage que les Britanniques appelaient Burlington, plus connu, par la suite, sous le nom de Chobham, et très efficace cotre les charges creuses. Quelques personnes aux Etats-Unis connaissaient depuis 1965 l'existence de ce blindage, mais les rapports le concernant avaient été très suspicieux. Un accord fut signé entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne et aussitôt les scientifiques américains s'employaient à « américaniser » la solution. Mais l'implantation de ce nouveau blindage faisait croître la masse du char à 53 tonnes, très au-dessus de la limite de 47 tonnes fixée par le cahier des charges. Cependant, les avantages opérationnels de survie procurés par le Burlington devaient conduire le général Abrams, devenu chef d'état major, à entériner la nouvelle masse objective du char après un débat houleux au sein de la communauté tankiste américaine. L’armement principal restait le 105 rayé pour lequel une nouvelle génération de munitions flèches était à l'étude. Sur ces nouvelles données techniques, un concours fut lancé en 1973 entre les firmes Général Motors et Chrysler. En février 1976, chaque compétiteur remit à l'US Army un prototype pour évaluation. Le modèle GM était propulsé par le nouveau diesel Teledyne Continental Motors refroidi par air. Son blindage fut jugé supérieur à celui du modèle Chrysler. Ce dernier apportait une innovation majeure, celle de la propulsion par turbine. L’équipe Chrysler, dirigée par Phil Lett, sélectionna la turbine au détriment du diesel, en raison d'avantages jugés décisifs à l'époque : une masse plus réduite, une montée en régime plus rapide permettant une meilleure accélération, l'absence de fumée d'échappement, le démarrage à basse température et des coûts de maintenance réduits (ce dernier point fut démenti par les faits bien plus tard lors de la mise en service du M1). Ce tableau idyllique était nuancé par un coût série supérieur et une consommation en carburant très élevée.

La turbine AGT 1500 d'Allied Signal était un modèle qui propulsait les hélicoptères de l'époque. Le choix devait être fait en juillet 1976 et GM était donné vainqueur en raison d'une offre moins chère et des risques techniques jugés moins grands. Cependant, l'US Army différa sa décision pour demander aux deux compétiteurs de refaire une offre permettant indifféremment l'intégration de la turbine ou du diesel et surtout l'implantation du canon de 120 mm de Rheinmetal pour une évolution future. Cette dernière exigence technique faisait suite à une pression politique allemande visant à trouver une compensation à l'achat par l'OTAN d'avions radar E3 Awacs américains. Il faut dire qu'en 1974, les Etats‑Unis et l'Allemagne signèrent un accord qui permettait à l'US Army de tester le Leopard 2 en vue, soit d'une adoption pure et simple du matériel, soit d'une utilisation de certains de ses composants pour améliorer l'interopérabilité entre les différents chars de l'OTAN. Les Américains émirent même l'idée que les Allemands puissent adopter la turbine sur le Leopard 2 (voir Leopard 2). Les essais du char allemand ne montrèrent pas de grande différence de performances par rapport aux deux modèles américains, bien que le canon de 120 fût jugé prometteur. Le Leopard 2 était aussi plus cher et plus lourd malgré une protection balistique plus faible. Ce dernier point fut techniquement déterminant dans le refus américain d'abandonner le M1, mais bien après les considérations d'intérêt national telles que l'emploi et le NIH synchrone (Not Invented Here).

En novembre 1976, la deuxième offre de Chrysler fut considérée meilleure que celle de GM et le contrat fut signé, prévoyant la construction de onze XM1 prototypes à livrer entre février et juillet 1978. Le premier M1 de série sortit des chaîne du Lima Tank Plant (Ohio) en février 1980 et fut baptisé Abrams en l'honneur du défenseur du programme, décédé entre temps. La cadence de production monta jusqu'à 70 chars par mois en c binant les deux usines de Détroit et de Lima. Tandis que les Mi étaient réceptionnés par unités de l'US Army aux Etats Unis et en Allemagne, l'étude d'intégration du canon de 120 se poursuivait dans les bureaux d'études de Chrysler. L’armée américaine demanda des modifications du système Rheinmetal. Le berceau du canon redessiné de manière à ce que les blindage protègent mieux les mécanismes. La fusée de la munition HEAT fut conçue de telle sorte qu'elle fonctionnât sous un angle d'impact très faible. En fallut vaincre les réticences des utilisateurs face à la douille combustible des munitions, fragile et par nature inflammable. Ce dernier point allait être l’origine de l'exigence de compartimentage du char et de l'isolation des munitions (les premiers essais ne furent d'ailleurs pas très brillants et les portes de fermeture du compartiment munitions durent être redessinées afin de garantir une parfaite étanchéité). La qualification du système d'arme complet prit donc cinq ans et conduisit l'US Army à prolonger la production des M1 armés du 105, dans une version dite Improved M1 ou IM1. Aujourd'hui, les M1 et IM1 n'équipent plus les unités de la réserve et de la Garde nationale car leur valeur opérationnelle est faible. L’US Army puise donc dans ce stock pour se fournir gratuitement en châssis, afin de produire les nouvelle versions M1 A2 SEP et les véhicules spéciaux du génie tels que le Grizzly et le Wolverine. Il est prévu d’utiliser 1977 M1 à ces fins. Déduction faite des pertes (32 matériels), il restera dans l'inventaire américain 367 M1 et 892 IM1, pour la plupart stockés. En 1982, Chrysler vendit son activité militaire de constructeur de chars à la société GD. La nouvelle société fut baptisée GDLS (General Dynamics Land Systems).

Le M1 A1 réunit les évolutions prévues au titre du programme appelé PIP (Produit Improvement Program), en plus de l'intégration du canon de 120 mm d'origine Rheinmetal, rebaptisé M256 le Watervliet Arsenal qui le fabrique sous licence le canon de 120 et l'amélioration de la protection balistique alourdirent le char de plusieurs tonnes Le MlA1 fut construit en plusieurs version M1A1 HA (HA pour Heavy Armor) succéda en production au M1 A1 de base. Il se distingue de ce dernier par le fameux blindage à l'uranium qui améliore la protection face aux projectiles flèches. Ce nouveau blindage a été intégré par le constructeur GDLS à la demande du Département de la défense dont les laboratoires, Balistic Research Laboratory entre autres, ont mis au point la formule. Le problème posé était le suivant : il fallait conserver la géométrie de la tourelle sans trop augmenter le volume extérieur, ce qui aurait augmenté l'inertie et diminué les performances de pointage, ni trop empiéter sur le volume intérieur au risque de remettre en cause l'aménagement des postes de combat. Or, la protection face au projectiles flèches requiert de la masse. L’uranium, matériau bien connu des balisticiens, possède une qualité essentielle pour s'opposer à la pénétration des flèches: sa densité (2,5 fois celle de l'acier), ce qui permet d'obtenir un blindage prenant peu de place. Ces propriétés sont cependant contrebalancées par des qualités mécaniques médiocres (l'uranium doit être allié à d'autres métaux) et une toxicité de ses oxydes propre à tous les métaux lourds comme le plomb ou le mercure. C'est pourquoi l'uranium doit être confiné, en l'occurrence, ici entre deux tôles d'acier à blindage.

L'US Marines Corps manifesta très tôt son intérêt pour le nouveau char de l'US Army et demanda que des modifications propres à l'emploi lors des opérations amphibies fussent apportées au modèle M1 A1 HA. Cependant, afin de ne pas produire plusieurs versions sur les chaînes de montage, l'USMC et l'US Army se mirent d'accord pour adopter la même version appelée M1 A1 HA « commun » ou « + ». Elle se distingue plus particulièrement par l'emploi du DWFK (Deep Water Fording Kit), ou système de passage à gué profond il s'agit d'un jeu de schnorkels permettant aux barges de débarquement de plager les M1 au plus près du rivage, alors qu'il ne reste que moins de 2 m d'eau à franchir en « submersion ». Une version spéciale du M1 A1 a été vendue à l'Égypte dans le cadre du Foreign Military Sales et de l'aide militaire américaine. A partir de composants fournis par les Etats‑Unis, les M1 A1 sont assemblés dans l'usine égyptienne Factory 200 (proche du Caire); 530 chars seront ainsi fabriqués. Les M1 A1 égyptiens ne sont pas équipés d'une protection balistique aussi performante que celle des chars américains, car les Etats‑Unis refusèrent de livrer cette technologie à leurs clients export. L'Arabie Saoudite et le Koweït firent aussi les frais de cette politique lors de l'achat de leurs M1 A2. Le M1 A1 est le char de la guerre du Golfe dont on estime qu'environ 1956 furent employés à cette occasion et pour la première fois au combat, tant dans les unités de l'Army que dans celles du Marines Corps. Nous ne reviendrons pas sur le déroulement des opérations militaires en elles mêmes. Le combat des M1A1 contre les T72 et T55 de l'armée de Saddam Hussein fut marqué par un déséquilibre technologique flagrant au profit du char américain, et le vieil adage « voir le premier pour tirer le premier » s'est une nouvelle fois vérifié. Le couple caméra thermique/canon de 120 donna une allonge supérieure de plus de 1000 m au char américain et ce, quelles que soient les conditions d'environnement : jour, nuit, poussière et brouillard. Disposant d'une supériorité aérienne totale et d'un appui feu (artillerie, MLRS) considérable, les M1 ont donc détruit des centaines de véhicules blindés irakiens sans que ces derniers ne parviennent réellement à manœuvrer.

Eu égard aux pertes infligées à l'ennemi, le nombre de M1 détruits ou endommagés parut très faible : 18 dont 9 destructions totales dues, pour l'essentiel, à des tirs fratricides! Le reste était le fait des mines ou des tirs de T72. Malgré cette facile victoire, le M1 devait révéler deux défauts majeurs (et quelques insuffisances de moindre importance telles que des problèmes de surchauffe et d'imprécision à grande distance de ses moyens optiques): la consommation excessive de carburant due à la turbine de propulsion AGT 1500 qui a conduit le commandement américain à concevoir le rythme de la manoeuvre du Vlle corps en fonction du mouvement des plots de ravitaillement et non de la vitesse tactique des chars (ce qui est un luxe que seule une armée disposant d'une supériorité aérienne totale peut se permettre); la masse importante du char qui rend les opérations dépannage et d'évacuation très difficiles (en pratique, il fallait deux M88 pour tirer un M1 et un troisième à l'arrière pour sécuriser l'ensemble dans les descentes ! ). Les M1 A1 seront encore déployés en Somalie, en Bosnie et plus récemment au Kosovo. A peine le premier M1 A2 était-il en production qu'un plan de modernisation du char fut lancé sous la dénomination MI Block II. Le MI Block II, rebaptisé M1 A2, devait permettre au char américain d'intégrer des fonctions dont les chars concurrents tels que le Leclerc ou le Léopard disposaient déjà, et de rattraper ainsi une partie de son retard technologique. La fonction Hunter‑Killer (inventée sur l'AMX30 avec le tourelleau Top 7) permet au chef de char de repérer les cibles sur le champ de bataille grâce à un moyen d'observation panoramique indépendant du viseur tireur. Une fois la cible repérée, le tireur rallie la tourelle sur la cible et l'engage pendant que le chef de char recherche une autre cible et ainsi de suite. Cette fonction fut réalisée sur le M1 A2 grâce au CITY (Commander indépendant Thermal Viewer) ou caméra thermique panoramique, placée devant la trappe du chargeur

- une architecture électronique construite au d'un bus de données, le standard 1553 B, et d’ordinateurs de bord numériques, alors que les chars M1, IM1 et M1A1 sont des chars « analogique »

- un système d'information tactique appelé IVIS (Inter Vehicular Information System), couplé à un moyen de navigation GPS, permet au chef de char de disposer d'informations tactiques la situation ami-ennemi, et de transmettre ou de recevoir des messages et ordres opérationnels via la voie transmission de données de la radio Sincgars. L’IVIS se présente sous la forme d’un écran télé monochrome.

La fabrication du M1 A2 rencontra de graves problèmes budgétaires et l'US Army du se contenter de la livraison entre 1990 et 1992 de 62 char de présérie qui devaient lui permettre de se familiariser avec les nouvelles fonctionnalités offertes aux équipages. Cette présérie permit aussi au constructeur GDLS de disposer du label « US Army pour pouvoir exporter le char auprès de clients toujours réticents à l'idée d'adopter une version différente de celle de l'armée de référence. La vente très politique de M 1 A2 à l'Arabie Saoudite et au Koweït au titre des compensations économiques, termes diplomatiquement corrects pour désigner les dettes de guerre, intervint en 1993 et les derniers chars furent livrés en 1996. Sous la pression des contraintes budgétaires toujours aussi fortes, le DOD accepta l'idée de l'US Army de convertir une partie de la flotte en M1 A2, faisant ainsi l'économie du châssis qui était conservé. A l'été 1999, 627 M1 A2 étaient sortis de chaînes. Mais GDLS travaillait depuis cinq ans à la version suivante appelée M1 A2 SEP (System Enhancement Package). Le M1 A2 SEP doit permettre au char de pleinement s'intégrer dans le nouveau système de commandement américain FBCB2 (Force XXI Battle Command Brigade and Below). L'effort principal a donc porté sur l'informatique de bord. Mais, fidèle à leurs habitudes, les Américains cherchèrent à améliorer les autres fonctions du char, parmi lesquelles il faut citer la caméra thermique deuxième génération, la climatisation et l'APU sous blindage, ce dernier étant un élément essentiel de réduction des coûts de consommation de carburant.

Les M1A2 SEP seront fabriqués en rétrofitant les actuels M1A2 et en reconstruisant d'anciens M1 directement au standard A2 SEP. Les budgets consentis à la version M1 A2 SEP ne permettront pas à l'US Army de disposer d'un nombre suffisant de chars pour équiper les unités d'active. Afin de compléter les dotations, la voie économique de la modernisation d'une partie de la flotte M1A1 fut choisie. A défaut d'obtenir des performances homogènes (blindage, moyen d'observation) avec le M1 A2 SEP, cette modernisation doit au moins permettre l'intégration du M1A1 dans les unités d'active dotées du FBC82, sorte d'Internet militaire. Un kit électronique « appliqué », comprenant navigation GPS, écrans chef de char, radio Sincgars et divers boîtiers électroniques, permettra au M1 A1 D (Digitized) de communiquer avec les M1 A2 SEP au sein des divisions « digitalisées » de l'US Army. Le M1 A1 D disposera en outre d'un APU extérieur.

La société GDLS a obtenu un contrat de maintien en condition de la flotte de M1A1 qui devrait permettre à l'US Army de réaliser de substantielles économies dans les années à venir. Grâce à une gestion rigoureuse du parc de matériels, les chars repasseront par les chaînes de montage de GDLS pour y être rénovés et modernisés par étapes: blindage, moyens optroniques, système de détection/alerte/contre-mesures. Les M1A1 D pourraient, entre autres, être dotés de la caméra thermique deuxième génération des M1 A2 SEP Tout cela dépendra des moyens financiers à la disposition de l'Armor. Dans les années quatre-vingt-dix, une première tentative de remplacement la turbine par un mode de propulsion plus économe en carburant fut menée sous l'égide du programme AIPS (Advanced Integrated Propulsion System). En effet, le fardeau logistique que constitue la flotte de camions citernes nécessaires à la manoeuvre des unités de M1 devenait de plus en plus insupportable pour bon nombre de stratèges de l'Army. Rappelons que sur les 565000 gallons (environ 2,14 millions de litres) consommés quotidiennement par une division blindée américaine en temps de guerre (ce qui inclut la brigade organique d'hélicoptères), les M1 en engloutissent 40 % ! Le projet de Cummins basé sur un moteur diesel de haute technologie (« V » à 60° pour gagner en volume, utilisation de céramiques, refroidissant par fluide caloporteur à hautes caractéristiques, etc.) était en compétition avec une turbine « terrestre » d'Allied Signal. L'architecture des deux groupes motopropulseurs était en « U » avec un montage transversal du moteur. Elle permettait de gagner beaucoup de volume dans le compartiment de propulsion.

Mais c'était sans compter avec les puissants lobbies qui, au Congrès, défendaient les intérêts des Etats où étaient fabriqués les éléments du groupe turbine AGT 1500. L’AIPS resta donc au stade prototype. Cependant, conscient du handicap que crée la turbine AGT 1500 pour l'attaque des marchés export où ce mode de propulsion est jugé inacceptable par bon nombre d'armées, GDLS a lancé sur fonds propres une remotorisation avec le groupe MTU 883 Europowerpack. Le M1 A2 ainsi rééquipé est proposé à la Turquie. De son côté, l'US Army, qui suit attentivement les travaux de GDLS, a relancé en 1999 un appel d'offres auprès de tous les grands motoristes mondiaux en vue du remplacement de l’AGT 1500. Les « M1 » toutes versions confondues étant programmés pour être utilisés au‑delà de 2025, (investissement paraît rentable, car une consommation réduite de moitié, objectif atteignable, permettrait en théorie de rentabiliser (achat de nouveaux moteurs par (économie ainsi créée. Une synergie avec le programme Crusader, futur automoteur d'artillerie de 155, était soutenue par une partie des services officiels américains, car cela permettait de répartir les coûts sur deux programmes et de parvenir enfin à une communauté logistique tant réclamée par tes utilisateurs. Une solution a minima consistait à ne remplacer que le moteur, en conservant la boîte automatique actuelle. En 2000, l'US Army sélectionna la turbine LV 100 d'Honeywell au détriment des moteurs diesels série 880 proposés par MTU. Les raisons de ce choix furent essentiellement le fait que la même turbine LV 100 pouvait équiper le M1 sans modifier le compartiment GMP en s'accouplant à la boîte de vitesses existante Allison X1100, mais aussi l'automoteur Crusader en adaptant simplement le régime et la puissance (1000 ch. au lieu des 1500 requis pour le char). L'interchangeabilité tant recherchée devenait un objectif atteignable. En outre, les concepteurs du Crusader cherchaient désespérément un moyen de faire maigrir leur bébé; or la turbine était plus légère que le diesel. De son côté, MTU proposait deux moteurs : un 8 cylindres pour le Crusader et un 12 cylindres pour le M1, et défendait (idée qu'une certaine communauté logistique existait au niveau de l'atelier de réparation. Ce dernier argument n'a pas semblé convaincre l'Army malgré de meilleures performances de consommation des moteurs diesels. La LV 100 marque de sérieux progrès par rapport à la vieille AGT 1500 : réduction du nombre de pièces de 43 % et de la consommation de 30 %, un taux de fiabilité multiplié par 4, le tout ayant pour conséquence un coût global d'utilisation réduit de 70 %, précise le constructeur. Si l'objectif initial était conservé (réduire la consommation de carburant), d'autres éléments vinrent compliquer le choix de la turbine, et certains n'hésitent plus à dire aujourd'hui que si les 2845 M1 et dérivés génie (HAB et Grizzly) seront équipés de la LV 100 (qui consomme plus qu'un diesel), c'est à cause des problèmes spécifiques du Crusader (réduction de la masse et communauté logistique).

L'amélioration de la létalité sera obtenue par le renouvellement de la gamme de munitions de 120. Le projectile flèche M829 E3 en uranium et sabot composite succédera au M829 A1, le fameux Silver Bullet de la guerre du Golfe. Cette munition sera tirée par un nouveau canon à tube long (plus de 50 calibres) permettant des vitesses initiales supérieures. Dans le cadre de ce projet, le nouveau canon Rheinmetal L55 est en cours d'expérimentation par l'Army. Le M829 A3 sera sans doute complété par un nouveau projectile à grande capacité antipersonnel très courte portée. Ce besoin est exprimé par les unités basées en Corée dans le cas où elles devraient faire face à un déferlement de vagues d'infanterie « nordistes ». La solution développée par les arsenaux de l'Army est très simple : un obus canister, sorte de grosse cartouche de chasse contenant un millier de billes et de fléchettes en acier. Effet garanti entre 200 et 500 m de portée face à du personnel à découvert ! Mais le grand programme de munition est le TERM ou Tank Extended Range Munition. II s'agit de conférer au M1 une capacité de tir antichar au delà de la portée habituelle des projectiles flèches classiques; l'objectif étant de l'ordre de 8 à 10 km. Deux concepts, confiés à deux équipes industrielles différentes, seront évalués. L'équipe emmenée par Raytheon propose un projectile contenant une charge creuse tandem manoeuvrant au mayen de surfaces canards vers la cible, qu'elle détecte grâce à un autodirecteur trimode millimétrique/ infrarouge/laser. L'équipe dirigée par Alliant Techsystems travaille sur un barreau cinétique (équivalent d'une flèche) propulsé par un moteur de roquette qui lui procure la vitesse nécessaire à la pénétration de la cible. Son autodirecteur est bimode millimétrique/laser. Dans les deux cas, la présence d'un mode laser permet à un désignateur extérieur au char tireur (drone, hélicoptère, engin de reconnaissance) de diriger l'obus vers la cible (comme le Lahat israélien, voir le hors-série n ° 3).

Les deux systèmes se présentent sous la forme de munitions classiques tirées par un canon qui leur donne une vitesse initiale. Cette vitesse est suffisante pour manoeuvrer et atteindre une cible hors de la portée visuelle. Dans le cas de la munition Alliant, le moteur roquette est mis à feu dans la phase finale de la trajectoire pour accélérer le pénétrateur jusqu'à la vitesse requise pour l'attaque cinétique de la cible. La mise en oeuvre de ces munitions guidées s'effectue selon les principes suivants :

- pour le tir direct à vue, le tireur effectue une séquence classique de visée et de mise de feu, la conduite de tir élaborant les corrections nécessaires à la mise en site et gisement du canon. Une fois l'obus sorti du tube, l'autodirecteur cherche la cible et donne les informations de localisation et d'attitude de la cible au calculateur embarqué qui commande les gouvernes, comme n'importe quel missile « tire et oublie »

- pour le tir indirect, deux cas peuvent se produire : soit la cible est désignée par un tiers au moyen d'un laser et dans ce cas le char n'a qu’à expédier l'obus dans la zone où se trouve l’objectif, le désignateur laser prenant le relais; soit la cible est repérée mais non désignée et dans ce cas, ses coordonnées sont envoyées au char qui calcule la meilleure trajectoire pour s’en approcher, laissant à l'autodirecteur de l'obus le soin de chercher la cible une fois arrivé sur zone

L’adoption du standard BIFU (identification ami/inconnu) par l'OTAN conduira à l'équipement des chars à court terme. Le système evitera les tirs fratricides qui, rappelons le, sont les seuls à causer des pertes catastrophique à l'US Army dans le Golfe. Conscients de la faiblesse du blindage sur les côtés de la tourelle, l'arsenal de Picatinny a lancé le développement d'un kit de 11 tuiles réactives permettant de couvrir les flancs contre les attaques de roquettes d'infanterie, menace proliférante dans les nouvelles zones de conflit. La masse de ce kit est de 450 kg. Enfin, des systèmes de contre-mesures électroniques et de protection active sont a l’étude en vue d'une adoption entre 2005 et 2010. Le M1 constituera encore l'ossature de l’armée blindée américaine durant le quart de siècle à venir et un programme continu de modernisation doit lui permettre de tenir son rang a l'arrivée du très médiatisé Futur Combat System dont personne ne sait encore ce qu'il sera vraiment.
Masse 63 tonnes
Dimension Longueur : 9.83 m / Largeur : 3.66 m / Hauteur : 2.89 m
Carburant 1907 litres
Vision nocturne Chef : CITV, panoramique, pas de télémètre intégré ni de voie jour
Munition 40 munitions de 120 mm (dont 36 en tourelle) / 9400 cartouches de 7.62 mm / 2 charges pour 6 lance pots fumigènes
Autonomie 350 Km
Vitesse moyenne sur chemin 48 Km/h
Vitesse moyenne sur route 66.1 KM/h
Accélération 7s de 0 à 51.5 KM/h
Equipage 4 hommes
Armement Canon de 120 mm / Mitrailleuse 7.62 mm coaxiale / Mitrailleuse 12.7 mm de toit
Transmissions Allison X 1100 3B automatique
NBC Collective et individuelle, par suppression et ventilation filtrée

# Posté le vendredi 06 juin 2003 13:34